Top départ et clap de fin

Jour J pour le Tour de France  >>> 

La caravane s’ébranle, mon Tour est passé. Lancé il y a cent jours, le blog cmontourdefrance achève sa promenade vélocipédo-littéraire aujourd’hui, au moment où les coureurs de la centième Grande Boucle s’apprêtent à en découdre en Corse. Cent Tours, cent jours, cent posts… Mission accomplie ?

Oui et non… Beaucoup de sujets ont été abordés, ressassés ou dénichés. Il en est davantage encore qui auraient pu ou dû faire l’objet d’un détour. Faute de temps ou d’éléments, ils n’ont pu s’intercaler dans le programme. La matière du Tour est si riche que quand on commence à la retourner, elle semble inépuisable.

Rendez-vous au théâtre

spectacle207Tenez par exemple, faire du théâtre avec des histoires de vélo n’est pas ce qui vient à l’esprit spontanément pour mettre en scène la légende des forçats de la route. Eh bien, c’est arrivé au moins deux fois. En 2009, une troupe basée dans l’Orne a créé une pièce à partir d’un article d’Albert Londres qui relatait le coup de gueule des frères Pelissier dans un café de Coutances en 1922.

Autre rendez-vous dramatique, d’actualité celui-là et dans un registre un peu différent, un spectacle sera donné les 8 et 10 juillet prochains à l’occasion de la 14e étape Sioule-Lyon du Tour 2013. Adaptant un texte de Jean-Bernard Pouy, il raconte le monologue intérieur d’un cycliste pédalant des heures durant après avoir faussé compagnie au peloton.

Les clics et les plumes

Internet fournit un point d’entrée naturel quand il s’agit d’animer un blog. Mais si l’on y trouve de tout (et parfois n’importe quoi), l’on n’y trouve pas tout. Un coup de clic n’abolira jamais le hasard d’une découverte chez un bouquiniste, aux archives de la presse, sur un vide-grenier. Rien ne remplace une visite chez son libraire, une bavette avec son voisin pour rebondir d’un thème à un autre.

Le journal « Miroir Sprint » est assurément une mine pour les chineurs de vieux papiers. Il aurait pu trouver sa place ici, comme « Le miroir des sports » à deux reprises. Idem pour « L’Echo des sports », qui a eu l’idée en 1939 de convier 20 écrivains à raconter leur Tour. Un exercice auquel se sont prêté de grandes signatures dont je n’ai su retrouver la prose, Mac Orlan, Scize, Jeanson…

« Pourquoi le vélo inspire-t-il tant les écrivains ? », se demande Slate.fr cette semaine. « Barrès, Leblanc, Jarry, Blondin, Londres… le vélo et le cyclisme, et spécialement le Tour de France, ont attiré plus de plumes que n’importe quel sport en France. » Le site tente d’expliquer pourquoi. Lire l’article. Le Nouvel Obs, lui, les avait passés en revue début juin.

Parmi les grands absents du site cmontourdefrance, évidemment : Louis Nucera (« Le Roi René »), Alphonse Boudard… Mais leur sort est bien meilleur dans le livre « Ils ont écrit le Tour de France » que Benoit Heimermann, grand reporter à « L’Equipe », vient de publier…

Blondin, l’intégrale

La légende des cycles aurait moins de saveur s’il elle n’avait trouvé en Antoine Blondin l’un de ses plus dévoués et inspirés et contributeurs. Cinq cent vingt-quatre de ses chroniques parues dans « L’Equipe » entre 1954 et 1982, dont plus de quatre cents inédites, viennent d’être rassemblées dans un volume. Grâce aux Editions de La Table ronde, il est désormais possible de lire son roman du Tour de France dans son intégralité (942 pages, 34,50 euros). Un régal. Lire la première chronique « Du pin et des jeux ».

L’un des événements qui a le plus frappé Antoine Blondin, dit-il dans « Sur le Tour de France » paru chez Mazarine en 1979, c’est le coup de théâtre survenu en 1930. « Leducq en détresse dans la descente du Télégraphe avait virtuellement perdu le Tour. Quelques heures plus tard, il gagnait à Evian, devant l’opinion stupéfaite. (…) Tous les éléments se trouvaient réunis pour en faire un acte de légende, y compris la part de la fatalité et de la Providence. »

Le désespoir de Leducq, la sculpture de Breker

becker_arno_sculptureBlondin poursuit : « Quarante cinq ans après, le pathétique de cette étape inoubliable s’est estompé, mais sa signification demeure, et sa beauté, symbole du triomphe de la volonté confortée par l’esprit d’équipe. Le désespoir de Leducq, affalé sur un talus, le genou en sang, la tête appuyée sur le bras droit, dans l’attitude qui devait inspirer le sculpteur allemand Arno Brecker, est passé à la postérité. »

Le sculpteur en question, dont l’œuvre elle-même, magnifique, s’appuie sur une photo prise sur le vif, fut par la suite à la solde d’Hitler et l’un des artistes officiels du régime nazi. Ses ateliers et l’ensemble de son œuvre ont été détruits en quasi-totalité après la Seconde Guerre mondiale. « Der Verwundte », littéralement « Le blessé » en français (et non « Le guerrier blessé »), serait aujourd’hui dans un jardin de Dusseldorf. Voilà un sujet qui lui aurait mérité d’être approfondi (quand la sculpture a-t-elle été réalisée ?). En savoir plus.

Horton, collectionneur sans borne

Comme d’autres encore. Horton, par exemple. Ce collectionneur, dont le nom m’a été signalé par un bouquiniste des Quais de Seine, a l’air d’être un sacré client. Américain, jeune (une cinquantaine d’années), chef d’entreprise, riche… il achète tout ce qui touche au cyclisme, des choses rares, et donc chères. Il possèderait 170.000 photographies et 15.000 objets dont une trentaine de vélos de Fausto Coppi. Quand il vient en Europe, il dort chez Eddy Merckx. Un jour, un bouquiniste est allé chercher pour lui à Drouot une valise remplie d’une trentaine de maillots… d’Erik Zabel. En savoir plus.

Lexique et blog

Voilà, pour ceux que la course d’aujourd’hui intéresse, deux ou trois petites choses sont à savoir avant le départ. Côté lexique d’abord : le vocabulaire du vélo abonde d’expressions en tout genre, pour le moins fleuries. Exemples : « Avoir la giclette », « être dans le grupetto », « bénéficier d’un bon de sortie »… Vous en trouverez la signification sur le site la vie.fr, qui propose un petit lexique du Tour.

emission_titreCôté blog ensuite : France Inter édite depuis quelques semaines « 100 Tours, 100 jours », un blog animé par Philippe Bardonneau et dédié au centième Tour donc. Riche et bien fait… Son principe est proche de celui de cmontourdefrance, mais son compte à rebours est calé sur la fin du Tour. Bon vent à lui…. et aux coureurs.

PS : A la question (facile) du jeu Quicéquadiça (13) : « Assassins… vous êtes… des assassins ! », il fallait répondre… Octave Lapize, vainqueur du Tour en 1910. Grand champion du début du XXe siècle, sur piste comme sur route, il s’adressait alors aux organisateurs…

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