La Roue de bicyclette, ready-made «anartistique» de Marcel Duchamp

J – 53 avant le Tour de France  >>> Bi-cyclettes

« Roue de bicyclette » est une œuvre de l’artiste Marcel Duchamp, réalisée il y a tout juste cent ans. Premier ready-made, elle a suscité nombre de démarches artistiques.

Roue de bicyclette, 1913-1964, Marcel Duchamp. Centre Pompidou Metz.

Roue de bicyclette, 1913-1964, Marcel Duchamp. Centre Pompidou Metz.

Créée à Paris en 1913 (l’année de naissance de « Science et vie », mais cela n’a aucun rapport), « Roue de bicyclette » est composée de métal et de bois peint (sans pneu) et fixée par sa fourche sur un tabouret en bois. L’œuvre originale fut perdue, et Marcel Duchamp créa des répliques au début des années 1960.

En utilisant des objets manufacturés, il crée ainsi le premier « ready-made », dans une approche qui consiste à détourner des objets manufacturés pour en faire des œuvres d’art. André Breton définit le « ready made » comme un « objet usuel promu à la dignité d’objet d’art par le simple choix de l’artiste », dans le Dictionnaire abrégé du surréalisme. Sa deuxième œuvre ready-made sera le « Porte-bouteilles », acheté au BHV de Paris. Par la suite, il créera sa célèbre « Fontaine » (1917), un urinoir en porcelaine renversé et signé « R. Mutt 1917 ».

Par l’intégration du mouvement (la roue peut tourner), Roue de bicyclette est également considérée comme l’une des premières œuvres de l’art cinétique, et renvoie à des travaux antérieurs de l’artiste sur le mouvement et sa décomposition (« Nu descendant un escalier »).

« La Roue de Bicyclette est mon premier ready-made, à tel point que ça ne s’appelait même pas un readymade. Voir cette roue tourner était très apaisant, très réconfortant, c’était une ouverture sur autre chose que la vie quotidienne. J’aimais l’idée d’avoir une roue de bicyclette dans mon atelier. Je prenais plaisir à la regarder, tout comme je prends plaisir à regarder les flammes danser dans une cheminée », expliquait Marcel Duchamp à son marchand Arturo Schwarz.

L’artiste souhaitait réaliser une œuvre, éventuellement d’art, mais « anartistique », sans intervention de la main de l’artiste. Et se propose de renverser le point de vue du spectateur : « J’ai probablement accepté avec joie le mouvement de la roue comme un antidote au mouvement habituel de l’individu autour de l’objet contemplé. »

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